Les
matières premières sont aujourd'hui remplacées par des
substances synthétiques, qui cherchent à les imiter, pour mieux s'y substituer, et conduisent les
parfumeurs à redoubler d'inventivité et de créativité pour imaginer des
parfums toujours aussi attrayants et séduisants.
Matières premières animalesHaut de page
Au nombre de quatre, les
matières premières animales ne sont citées que pour mémoire, puisqu'elles ne sont plus utilisées aujourd'hui, à la fois par respect de la réglementation sur la protection des animaux, mais aussi à cause de leur coût très élevé. Elles étaient notamment utilisées comme fixateur pour le
parfum. Elles sont aujourd'hui remplacées par des produits de
synthèse.
• L'ambre gris, fabriqué par l'estomac du cachalot et rejeté dans la mer par l'animal, était recueilli sur les rivages
• Le musc provient d'un petit cervidé de l'Himalaya
• La civette provient du petit animal du même nom, appelée aussi chat civette, ou chat musqué ou chat Zibeth
• Le castoréum est la substance qui permet au castor d'imperméabiliser son pelage
Matières premières végétalesHaut de page

Les
matières premières végétales sont elles aussi moins utilisées qu'auparavant, et pour les mêmes raisons : la réglementation, qui désigne les espèces protégées et interdit ou limite leur utilisation, mais aussi leur coût très élevé.
Les fleurs
Les plus nobles sont la rose et le jasmin, la tubéreuse et l’iris, tout en précisant que, pour l'iris, on n'utilise pas la fleur mais la racine, appelée rhizome. On peut également mentionner la violette, la fleur d’oranger, le mimosa, la lavande, l’ylang-ylang, originaire des îles de l’océan Indien. La mode de ces fleurs varie selon les époques.
Les fruits
Pour l’essentiel, les fruits utilisés en
parfumerie sont des agrumes. Ils constituent une
famille olfactive appelée
hespéridés, très présente dans les
eaux de Cologne. On y trouve diverses variétés de citrons et d’oranges, notamment la limette et la bergamote. Les autres fruits sont le plus souvent des produits de
synthèse, comme la pêche, la fraise, la pomme, la mûre...
Les arbres et autres plantes
Dans un arbre, on utilise l’écorce ou le bois, comme pour la cannelle, le santal, le cèdre, mais aussi la résine, c'est le cas de l'encens, de la myrrhe, du benjoin, du labdanum, ou même les mousses qui se développent sur son écorce.
Pour les plantes, on les utilise en l'état, comme le romarin, ou bien on préfère leurs feuilles, patchouli, verveine, leur racine, vétiver, gingembre, ou leurs graines, cardamome, coriandre, fève tonka.
Matières premières synthétiquesHaut de page

Comme dans le textile, où les nouvelles
matières comme le lycra ou le polyesther ont permis de créer des vêtements aux propriétés inédites, la
parfumerie tire aujourd'hui parti des progrès de la chimie.
Pour remplacer certaines
matières premières naturelles, désormais indisponibles parce qu'elles sont interdites, ou disponibles mais trop coûteuses, mais aussi pour ouvrir la palette des possibilités pour le
parfumeur, les
matières premières synthétiques sont de plus en plus utilisées.
L'évolution de la technologie permet de reproduire de nombreuses senteurs naturelles. Aujourd'hui, certains appareils sont capables d'analyser une odeur et de la recréer artificiellement. L'odeur de
synthèse est parfois même plus fidèle, comme pour la rose.
De plus, certaines
matières premières étant particulièrement rares ou variables, la
synthèse permet d'obtenir au final un
parfum stable en grande quantité.
Elle permet enfin de capturer des odeurs que la
parfumerie ne pouvait pas utiliser jusque là, comme l'odeur du chocolat, de l'air marin, du vin, de la truffe, de la tomate, etc.
Pour reconstituer certaines senteurs, on peut partir de
matières premières naturelles. Ainsi, on obtient la vanilline à partir de l'essence de girofle, ou la senteur du muguet à partir de lemongrass. On peut également la créer de toutes pièces : le toluène, issu du goudron, donne une senteur de rose, le phénol produit une senteur de foin et de tabac.
Parmi les plus grands succès de la
parfumerie moderne, on compte plusieurs
parfums originaux qui doivent une part déterminante de leur attraction à des
matières premières de synthèse.
Il faut noter que les
matières premières synthétiques ne sont pas forcément moins coûteuses : certaines senteurs nécessitent une suite d'opérations complexes et longues, chloration, distillation, cyclisation, hydrogénation, estérification…, au prix très élevé. Ce n'est donc pas à priori un choix d'économie, bien au contraire, mais souvent un choix de qualité et de stabilité.
Les familles olfactives